
Ce article est l'un de ceux qu'il m'a été le plus difficile d'écrire car il me touche de près.
Alors que je recherchais des renseignements sur le harcèlement moral et la façon d'y échapper, j'ai été amenée, de page en page, à considérer la notion de perversion narcissique comme une évidence de la part du harceleur.
Le pervers narcissique est un personnage extrêmement courant, je pense qu'on devrait apprendre aux enfants à le reconnaitre et à s'en méfier comme du pédophile, car il est aussi dangereux et la justice ne s'y intéresse pas, car il s'agit d'une maladie mentale pour laquelle il n'y a pas d'autre traitement que la prise de conscience de l'individu lui-même.
Le pervers narcissique est un être intelligent, séduisant, brillant, mais machiavélique.
Son arme favorite est la destruction. Il ne lâche pas tant qu'il n'a pas écrasé tous ses opposants.
Incapable d'une relation véritable, il ne peut s'accomplir que dans un registre pervers et destructeur. C'est une personne totalement dépourvue d'empathie, qui ne supporte pas d'avoir tort, n'éprouve aucun respect pour les autres, qu'il considère comme des objets utiles à ses besoins de pouvoir et d'autorité mais qui souhaite néanmoins que les autres s'intéressent à lui.
Il a besoin d'écraser pour exister. Asservir l'autre et l'humilier sont ses buts avoués. Il ressent une jouissance à la souffrance de l'autre. Tout lui est dû. Il critique tout le monde, n'admet aucune mise en cause et aucun reproche. Incapable de discuter ouvertement de façon constructive, il bafoue ouvertement la victime qu'il s'est choisi, n'hésitant pas à la dénigrer ou à l'insulter.
Sa personnalité est forgée sur des masques dont il change suivant les besoins.
Montrer les erreurs des autres est une façon de ne pas voir ses propres failles, de se défendre contre une angoisse qu'il nie. Le pervers n'entre en relation avec les autres que pour les séduire. L'autre n'existe pas, il ne le voit ni ne l'entend, sauf le temps de son utilité.
La séduction perverse ne comporte aucune affectivité, car le principe même du pervers est d'éviter les sentiments. Il est imperméable aux émotions des autres.
C'est le déni total de l'identité de l'autre, dont l'attitude et les pensées doivent être conformes à l'image qu'il se fait du monde.
Sa force est son insensibilité. Il ne connait aucun scrupule d'ordre moral, ne souffre pas, ignore la tristesse ou le deuil qu'il traite par le mépris, transforme la déception en colère, voire en rage destructrice et en conçoit du ressentiment avec un désir illimité de revanche, une rancune tenace et inflexible qui mobilise toutes ses ressources et ses capacités de raisonnement.
Le pervers, tout comme le paranoïaque, maintient une distance affective suffisante pour ne pas s'engager.Prisonnier de la rigidité de ses défenses, incapable d'aimer, il fait son possible pour détruire par cynisme la simplicité d'une relation naturelle, la dénigrant et soulignant son impossibilité ou son incongruité.
L'efficacité de ses attaques tient au fait que la victime ou l'observateur extérieur n'imagine pas qu'on puisse être à ce point dépourvu de sollicitude ou de compassion devant l'autre.
Il y a chez le pervers narcissique une exacerbation de la fonction critique qui fait qu'il passe son temps à critiquer tout et tout le monde. De cette façon, si les autres sont des crétins, il est forcément le meilleur.
Le moteur du noyau pervers, c'est l'envie, l'irritation haineuse à la vue du bonheur d'autrui. L'égocentrisme et la malveillance, avec l'envie de nuire, dominent.
Pour s'accepter, il doit triompher, pour s'affirmer, il doit détruire.
Moralisateur, supérieur, distant même quand il ne dit rien, mettant en avant des valeurs morales irréprochables qui donnent le change et une bonne image de lui-même. Il utilise pour casser l'autre un ton inquisiteur (issu de l'inquisition) pour que l'autre se sente en faute. S'il en avait le pouvoir, il l'enverrait au bûcher.
S'il n'était pas aveuglé par la haine*, il pourrait, dans une relation d'échange, apprendre comment acquérir un peu de ce qu'il envie aux autres. Cela suppose une modestie que le pervers n'a pas.
Enfin, si le pervers narcissique se rendait compte de son problème, Il pourrait guérir de sa perversion. Mais ce serait la fin de son fonctionnement, une remise en question, et ça semble impossible, car le pervers narcissique est un individu mégalomane qui se pose comme référent, comme juge, comme étalon du bien et du mal.
Malgré tout, il est toujours possible d'espérer et cet article se veut salvateur. Je souhaite sincèrement que celui à qui je pense se reconnaisse et accepte de remettre en question son fonctionnement afin de libérer son âme prisonnière de cette emprise qui nous blesse mais le tue.
Pas un grand méa culpa public et théâtral, mais une réflexion profonde et personnelle qui profiterait avant tout à celui qui se croit fort mais finalement est sa propre victime.
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