mardi 23 septembre 2014

Un hasard pas tout à fait hasardeux

Je remets ici l'image de la bouteille de champagne qui vient de passer par dessus le bastingage du navire Costa Concordia. Si vous n'avez pas lu le début, c'est ici.

Elle aurait du, si les auspîces avaient été favorables, aller se briser quelques mètres plus bas, sous le nom du navire.

Que s'est il passé pour que ça n'arrive pas ?

Et bien, il faut pour comprendre ça, avoir quelques notions de physique sur l'énergie cinétique que sans doute la plupart de mes lecteurs ne possède pas, alors je vais tenter de faire simple.

L'énergie cinétique est l'énergie d'un objet lorsqu'il se déplace à une certaine vitesse.

Ici, l'objet est la bouteille. En tombant, elle acquiert une certaine vitesse. Etant retenue par un fil, elle ne peut pas tomber plus bas que la longueur de ce fil le permet et dès que ce fil est tendu, elle se comporte donc comme la masse d'un pendule, l'énergie due à la chute étant supportée à la fois par la bouteille, le fil et son point d'ancrage.

Schématiquement voici la situation.
La masse du pendule, partant de A, va progressivement prendre de la vitesse pour arriver à un maximum à la verticale du point d'ancrage O, puis va la perdre jusqu'à arriver à une vitesse nulle à un point A' situé à la même hauteur que son point de départ, luttant contre la gravité qui est finalement plus forte et va l'entraîner à nouveau vers la position d'équilibre, à la verticale de O.

En A', l'énergie tranmise par la masse est donc égale à zéro.

Donnons un peu de réalité au discours.
J'ai représenté en vert, le profil approximatif du navire. Je ne prétend pas avoir l'angle exact, car je l'ai relevé sur des photos et non sur les plans, introuvables sur le net.

La masse suit le trajet bleu ciel jusqu'à ce que le fil, en rouge soit tendu.
Regardons ça de plus près.


On retrouve la configuration du pendule simple de la première image. En effet, le fil étant raccourci par le bord supérieur du pont du navire, nous sommes dans la stricte application du pendule de Galilée.
L'origine devient le point de contact du fil avec la structure du navire.
J'ai négligé la courbure de la coque, qui aurait rendu la démonstration bien plus complexe pour pas grand chose. Le principal est là.

Eva Herzigova n'avait pratiquement aucune chance de réussir le baptême du Costa Concordia.

Je me permets tout de même de souligner que pour écrire cette série d'articles, j'ai regardé une vingtaine de baptêmes de navires. Hormis dans le cas du Queen Victoria où je pense que l'innovation anglaise du système mérite une mention plus que passable (l'avenir nous dira si ce navire finira sa carrière de façon tragique ou non) le Costa Concordia a été le seul pour lequel il était flagrant que la vitesse d'arrivée de la bouteille sur la coque était insuffisante.

Que déduire de cette démonstration ? Le mannequin requis pour la circonstance ne peut évidemment pas être mis en cause. Par contre, que dire de ceux qui ont organisé la cérémonie, qui n'a pas eu lieu au chantier naval, comme la tradition l'aurait exigé, mais dans le port de Civitavecchia ?  Celui précisément qu'il a quitté pour aller se perdre au Giglio.

A suivre ?

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