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vendredi 9 mai 2014

Costa Concordia, les mystères de la passerelle 1

Ce qu'on appelle la passerelle, ou encore pont de commandement, est l'espace où se trouvent tous les instruments de navigation et où se trouvent donc toutes les personnes qui dirigent le navire.

Le 13 janvier 2012, le navire de croisières Costa Concordia quitte le port de Civitaveccia à 19 heures. Le premier officier, Ciro Ambrosio, assisté de l'officier de pont Salvatore Ursino prend le premier quart.
Sont également présents l'officier de pont Silvia Coronica, l'élève officier Stephano Ianelli et le timonier Jacob Rusli.

L'officier chargé du quart à la passerelle est le représentant du capitaine et il est essentiellement responsable à tout moment de la sécurité de la navigation du navire et du respect du Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer. 
Une veille satisfaisante doit être maintenue en permanence conformément à la règle 5 du Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, tel que modifié, et doit consister à : 
.1 maintenir une vigilance constante, visuelle et auditive, ainsi que par tous les autres moyens disponibles, en ce qui concerne toute modification sensible des conditions d'exploitation;
.2 évaluer pleinement la situation et les risques d'abordage, d'échouement et les autres dangers pour la navigation; et 
.3 repérer les navires ou aéronefs en détresse, les naufragés, les épaves et les débris et les autres risques pour la sécurité de la navigation. 
L'homme de veille doit pouvoir consacrer toute son attention au maintien d'une veille satisfaisante et ne doit entreprendre ou se voir confier aucune tâche susceptible de gêner le maintien de cette veille. Les tâches assignées à l'homme de veille et au timonier sont distinctes et l'on ne doit pas considérer le timonier comme préposé à la veille lorsqu'il est à la barre, sauf sur les navires de faible tonnage où l'on a une vue dégagée sur tout l'horizon depuis la barre et où rien ne gêne la vision nocturne ni n'entrave de quelque autre manière le maintien d'une veille satisfaisante.
(Extrait de la convention internationale STCW) 

En outre, dans le règlement particulier du Costa Concordia, il était précisé que, durant la navigation, l'officier de quart doit surveiller la position, la vitesse et la trajectoire du navire à intervalles suffisants pour s'assurer que le navire suit bien la route planifiée même lorsque le pilote automatique est enclenché.
Dans des conditions normales, l'officier de quart doit assurer une tenue correcte du quart, condition définie comme nécessaire afin d'éviter une accident ou une collision. A cet effet, l'officier de quart doit assurer entre autres :
  • la veille acoustique et visuelle sur tout l'horizon, 
  • l'identification des feux et signaux le long des côtes, 
  • une constante surveillance de la boussole magnétique et du gyrocompas, 
  • l'observation du radar et de l'ECDIS et 
  • le contrôle permanent de la route du pilote automatique. 
En cas d'urgence, il devra prendre l'initiative de la manœuvre sans attendre les ordres du capitaine.

*

Ce billet étant assez indigeste mais néanmoins nécessaire pour comprendre le fonctionnement de la passerelle, je propose de reporter à plus tard la suite des mystères de cette passerelle.
Rendez-vous donc dans un prochain article.



jeudi 8 mai 2014

Une réponse

Il y a quelques jours, en commentaire à la publication de cet article, j'ai reçu ce commentaire : " En vous lisant me vient à l'esprit une pertinente réflexion de Bossuet sur l'inconséquence humaine :" Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes "

Je doute que cette citation soit réellement de Bossuet, car je ne l'ai trouvée nulle part dans ses œuvres malgré une mobilisation de plusieurs littéraires de mon entourage, mais je peux évidemment me tromper et en fait, ce n'est pas là le propos, et je dirai même que le personnage même de Bossuet est parfait pour illustrer ce que je vais répondre.

Bossuet a été instruit, pour ne pas dire élevé, chez les Jésuites, dont tout le monde connait l'aptitude à formater les esprits à leur vue du monde. Ils sont dans l'ombre de bien des révolutions et de coups d'états et bien que plus discrets que les Huns et leur chef Attila, sous leurs pieds, les morts sont innombrables. Ils sont les piliers de l'évangélisation massive par la force et les alliés des dictatures.

 Nul doute que répondre à un billet qui critique la manipulation par l'argent et la religion par cette citation était à mon encontre une manière polie de dire que je crachais dans la soupe. Et bien, je répondrai tout aussi poliment que de la même façon que tous les peuples de la terre ne parlent pas le même langage, nous n'attendons pas tous la même chose de la vie, mais ça, seuls peuvent le comprendre ceux qui pensent par eux mêmes et n'ont pas pour cadre le carcan de leur éducation.

Une petite vidéo ?



L'entraide par vswisher

Costa Concordia, le mystère de la route.

Le navire Costa Concordia a appareillé le 13 janvier 2012 à 19h00 du port de Civitaveccia en direction de Savona.
Cette route, décidée au départ, n'ira pas directement à Savone, mais passera par l'île de Giglio, où le navire doit passer à 0,5 milles du port de Giglio Porto pour en saluer les habitants dans une procédure appelée "inchino".
Cette procédure a déjà eu lieu, au même endroit et aussi ailleurs, et Costa n'en a jamais condamné la pratique, qui lui fait de la publicité pour ses navires de croisière.
Tout aurait pu bien se passer, la route était tracée d'avance à l'aide de ce qu'on appelle des "waypoints" qui sont des étapes dans le trajet que va accomplir le navire. Allez voir là, c'est très bien expliqué.

Le navire se dirige donc vers l'île de Giglio, à la vitesse d'environ 15 nœuds, de nuit, par temps clair, mais sans lune. Ce soir là, elle ne se lèvera qu'à 22h00.

Voici une capture de l'un des écrans de contrôle de la passerelle, sur lequel les officiers peuvent lire différents renseignements utiles.


A première vue, on ne comprend rien. C'est petit et tout en abrégé. Les officiers de passerelle, eux, sont censés savoir lire ces informations et en déduire ce qu'il faut faire. Ce système est généralisé dans presque tous les navires à présent, même les bateaux de plaisance. Il fonctionne avec le GPS et permet de savoir où on se trouve et où on va. Il n'y a pas de surprise, le navire n'est pas dirigé par des hommes mais par une machine, le pilote automatique.

Sur l'image ci-dessus, il n'y a pas de waypoint et c'est un premier mystère, car si on voit bien où se trouve le navire, on ne sait pas où il va, ce n'est pas indiqué. Il s'agit sans doute d'un écran secondaire, car une saisie faite par des experts dans leur rapport sur l'accident est légèrement différente. La voici :

C'est moins net, parce que c'est scanné sur du papier, mais c'est la même chose, sauf qu'il s'agit de l'écran principal, quelques minutes après la vue précédente.
Le système de pilotage automatique qui suivait fidèlement les waypoints a été arrêté et le navire n'obéit plus qu'au timonier, qui doit suivre les ordres qui lui sont donnés par l'officier qui a le commandement.

A cet instant précis, le navire, pour rester sur la route qui relie les étapes prévues, en pointillés rouges sur l'image, doit amorcer son virage vers le nord pour passer le long de l'île en toute sécurité.

En réalité, le navire n'a pas suivi ces pointillés, mais est venu beaucoup plus près, à un endroit où un écueil a déchiré sa coque sur bâbord. Le capitaine, le commandant Schettino, avait pourtant été clair : "Pas à moins de 0,5 milles de la côte." Alors que s'est-il passé ?

Pour dire ce que je pense, je vais utiliser un autre naufrage, survenu en septembre 1935 au large du port breton du Guilvinec, celui du Bramhall, un vapeur anglais. Les côtes du Finistère sud sont un véritable piège pour les navires et le capitaine du Bramhall naviguait prudemment, seulement il n'avait pas prévu l'épais brouillard qui s'était abattu sur la mer cet après-midi là et comble de malchance, sa lourde cargaison de minerai de fer a déboussolé le navire, au sens propre du terme. Il naviguait donc à vue, sachant qu'on ne voyait pas à 20 mètres. A 13h55, le Bramhall a rasé les roches d'Ar Guisty et sa coque s'est déchirée entraînant une importante voie d'eau. J'ai retracé sur la carte de l'endroit les deux trajets, en vert, la route que le capitaine avait prévue et sur laquelle il croyait se trouver, et en rouge, celle qu'il a réellement empruntée.


Je crois que c'est aussi ce qui s'est passé pour le Costa Concordia.
Comment expliquer autrement les premiers mots du commandant disant que le rocher n'était pas signalé sur la carte et qu'il pensait avoir de l'eau ? Tout simplement parce qu'il se trouvait ailleurs que là où il pensait être.
Là, pas de minerai de fer et une navigation assistée par satellite qui ne souffre pas des influences terrestres, mais une responsabilité collective. Sur les navires de croisière, il y a une multitude d'officiers là où avant, un capitaine suffisait. Ils disposent de plusieurs écrans pour contrôler leur position et n'ont plus besoin de faire le point au sextant. Tout fonctionne à l'électronique et bipe sans cesse. Et bien peut-être que c'est trop, car ce soir là, personne n'a vérifié, mais ce qui allait se passer était prévisible.L'enchaînement des évènements sur la passerelle a déterminé la fin du navire.
J'en ferai le détail dans un prochain billet.

mercredi 7 mai 2014

Costa Concordia, retour sur un naufrage

Le 13 janvier 2012, le navire de croisières Costa Concordia heurtait un écueil près de l'îlot du Scole jouxtant l'île de Giglio en Méditerranée.
Ça fait plus de deux ans, me direz-vous, alors pourquoi revenir dessus ?
Il y a plusieurs raisons et la première, c'est que le procès s'éternise et que la presse a choisi son bouc émissaire dès le premier jour et ne le lâche pas. Or, quand la presse a un parti pris, il y a toujours fort à parier qu'il y a des intérêts pas bien clairs dessous.

Plusieurs blogueurs s'intéressent à l'affaire et faute d'être en contact avec tous, j'ai lu pas mal de publications. Malgré tout, je suis d'un naturel méfiant et j'aime bien me faire mes propres opinions, je suis donc allée directement à la source, une source qui ne ment pas parce qu'elle y était, le VDR du navire, c'est à dire la boîte noire.

J'ai eu de la chance, la retranscription des conversations de la passerelle a été faite par une commission d'experts auprès des tribunaux italiens. Là où j'en ai eu moins, c'est qu'il y avait beaucoup d'italien, une langue que je ne connais pas vraiment, la traduction est souvent laborieuse.

Il y a eu des polémiques pour savoir qui avait fait quoi et quand et dans l'esprit du public, ça ne peut qu'être embrouillé. Le tout m'apparait comme un énorme nœud pas forcément marin d'où n'émergent que deux bouts mais qui en contient en réalité beaucoup plus. Les autres sont tous cachés au milieu du nœud.

Ceci n'est qu'un préambule et je compte bien consacrer plusieurs autres articles à ce sujet en prenant les bouts un par un.

Je dois remercier Monique, auteur du blog Monique-Mauve, qui est une excellente documentaliste et se démène pour traduire les articles qu'elle rencontre dans la presse italienne, ce qui est une aide précieuse.
Je remercie également Al, auteur du blog Pas Chiche ! pour sa participation active sur les sujets techniques comme la lecture, je devrais même dire le décryptage, des écrans et de leurs données. Sans ces deux blogueurs, les puces ne m'auraient peut être pas assez démangé pour entreprendre ces billets.

Pour être honnête, je dois aussi mentionner Marco Mannella, dont le site leconcordia.fr est assez complet et qui aurait pu être une bonne référence sans cet acharnement contre le capitaine du navire, suivant en cela la presse manipulée. Je contrôle donc systématiquement tout ce que j'y lis, car il n'y a pas de fumée sans feu, certes, mais ça fume beaucoup plus lorsqu'on rajoute de l'huile. (Un autre navire, le Scandinavian Star, incendié dans le Skagerrak, a également bénéficié de cette huile sur le feu. En apparence, il s'agit de deux accidents différents, mais il se pourrait bien que les deux affaires ne soient pas si éloignées qu'elles en ont l'air.)

Les "bouts" que j'ai envie de démêler :
  1. Le mystère de la route
  2. Le mystère de la passerelle
  3. Les mystères du navire
Rendez-vous au prochain billet pour suivre les démêlées de ce nœud.

jeudi 1 mai 2014

Argent et pouvoir

Un film d'animation limpide, à regarder pour comprendre comment les états et les banques s'enrichissent sur le dos de ceux qui produisent et qui propose des solutions pour remplacer ce système par une véritable démocratie.

 

lundi 28 avril 2014

la physique, c'est enfantin.

La physique et la chimie sont les deux matières les plus impopulaires à l'école. La plupart des adultes sont nullissimes et pire, les mots scientifiques leur font peur. Ils préfèrent croire sur parole les gens qui leur bourrent le cerveau de bêtises.

Je ne vais pas tenter l'impossible, à savoir faire comprendre à tous les français ce que des enfants de quelques mois savent d'instinct, comme par exemple l'équilibre ou la gravitation universelle, mais donner des explications simples est une qualité et j'espère arriver à un résultat acceptable, car j'ai dans mon entourage des enfants que j'aimerais ne pas voir occulter cette partie importante du savoir.

Avant tout, démystifier. Tout est à la portée de n'importe qui, même et surtout des enfants, qui n'ont pas encore d'à priori.

Je parlais d'équilibre. Regardez comme c'est simple. Pas besoin de sortir de Polytechnique.

jeudi 24 avril 2014

L'arme fatale

J'écoutais ce matin la réponse d'Agnès Michaux, écrivain et animatrice de télévision, à cette question : Qu’est-ce qu’être juif ?
Et dans ce qu'elle disait, j'ai relevé ceci :

Très franchement, quand j'étais jeune, à l'école, on disait... On n'avait pas d'amis juifs. Au lycée, on avait des amis. D'accord ? Il n'y avait pas une sorte de fierté bizarre ou d'orgueil ou de je ne sais pas quoi avec ce truc de croyance ou de communauté. C'est nouveau ça, c'est nouveau ce truc là. Tout le monde est crispé sur son petit machin. C'est pas la France que j'aime. C'est pas la France dans laquelle j'ai grandi. C'est pas la France qu'on m'a apprise. Ce truc est effrayant.

Et bien, c'est exactement ce que je pense aussi et c'est ce qui me détermine à écrire ce billet.

De tout temps, les hommes au pouvoir ont cherché à manipuler leur peuple, sans doute pour garder ce pouvoir sans lequel il ne sont rien, et pour ce faire, la religion est une arme idéale.
Faire de la politique aujourd'hui, ce n'est plus administrer une cité ou un pays, c'est maintenir le plus grand nombre dans l'ignorance pour pouvoir marcher sur les têtes et en tirer le plus grand profit, de notoriété, par la force des choses, mais surtout financier.

En France, il y a deux partis qui se partagent ce pouvoir en appauvrissant de plus en plus le pays à tour de rôle, la gauche dite traditionnelle qui se nomme elle-même socialiste mais pratique une politique libérale de droite et la droite modérée, qui pratique la même politique libérale avec les mêmes résultats, c'est à dire catastrophiques. Les autres alternatives sont diabolisées. Il n'y avait qu'à voir la réaction exagérée des media lors de l'annonce des résultats du scrutin présidentiel de 2002. Jean-Marie Le Pen présent au second tour, c'est comme si Satan lui-même avait débarqué d'Orion. Oui, Satan, c'est à dire la figure diabolique qu'on nous a appris à repousser lors des cours d'instruction religieuse auxquels peu d'enfants échappaient lorsque j'étais enfant. Dans une France élevée dans le respect d'un dieu, on ne pouvait que voter contre le diable.

L'opinion publique a été manipulée, car en réalité, le véritable diable qui ne dit pas son nom et œuvre dans l'ombre, c'est l'argent et sa cohorte de serviteurs bien rémunérés, banquiers mais surtout, politiques et dirigeants de grandes entreprises. L'étymologie du mot diable est éloquente, il est issu du grec diabolos, qui signifie ce qui divise.
Restons dans la religion, car c'est bien le sujet. Il faut pouvoir continuer à diviser, et donc à faire peur. Le Front National n'étant plus assez terrorisant, on a utilisé l'islam et les musulmans. Ces gens, que la France a colonisés, avec les horreurs que l'on tait, on leur a d'un coup fait porter le chapeau de l'épouvantail. Parallèlement, les hommes politiques se déguisent avec une kippa sur la tête alors qu'ils viennent de faire interdire par force de loi les signes religieux sous prétexte de laïcité. On se croirait dans un spectacle de guignol. Tous les enfants retiennent leur souffle lorsque l'affreux entre en scène.
Il y a évidemment un intérêt supérieur à ce spectacle de guignols, à cette division, à cette manipulation perverse dont non seulement les Français, mais la plupart des peuples occidentaux sont victimes et c'est la raison pour laquelle, effectivement, la France où je vis à présent, ce n'est pas la France de mon enfance, mais le jouet de l'Union Européenne, qui est elle-même est le jouet des Etats-Unis, eux-même le jouet de...

Là, je suis obligée d'arrêter, car si j'écris ce que je pense, je tombe sous le coup de la loi. Car non seulement le diable divise, mais il légifère, et il tue.